imsak sobh ramadan Ramadan 2008. Il va falloir s’y faire. Même si on lit dans toutes les dépêches AFP, dans les grands quotidiens nationaux ou les journaux télévisés que le mois de ramadan consiste à jeûner du lever au coucher du Soleil, ce n’est pas exact. On ne jeûne pas du lever au coucher du Soleil, mais de l’aube - certains préfèrent même dire “de la pointe de l’aube” - au coucher du Soleil. La nuance est de taille. Elle est même fondamentale, puisqu’en pratique si on jeûne à partir du lever du Soleil, le jeûne est invalide. Il serait bien dommage de s’abstenir de manger, de boire et d’avoir des relations sexuelles avec son/sa conjoint(e) pour rien.

Jeûner, comme chacun le sait, ce n’est pas seulement s’abstenir des plaisirs terrestres, qu’ils soient alimentaires ou charnels. Le jeûne du mois de ramadan en particulier est une école où le croyant apprend à se parfaire. Cheminement spirituel et éducation de soi-même, le jeûne est aussi une discipline rigoureuse par laquelle le croyant s’engage auprès de Son Créateur à respecter certaines règles.

Jeûner, c’est assumer une responsabilité individuelle, laquelle n’a de sens que si elle est tournée vers Allâh et selon ce qu’a dit Allâh. Chacun connaît d’ailleurs ce très beau hadith rapporté par Abû Hurayra (ra) selon lequel le Prophète (saws) a dit :

« Allah le Tout-Puissant a dit : ” Tout ce que fait l’homme est pour lui, sauf le jeûne. Il le fait pour Moi, et Je donne bonne récompense pour cette dévotion. Sachez que l’état de jeûne est un état de sacralité. Quand vous jeûnez, ne commettez aucun acte mauvais, évitez d’être en colère ou de proférer des paroles injurieuses. Si l’on vous insulte ou l’on vous cherche querelle, dites : Je jeûne, je jeûne ! Par le Nom de Celui qui tient en Sa main la vie de Muhammad, l’odeur de la bouche d’une personne qui jeûne est plus douce que celle du musc. Sachez que la personne qui jeûne connaît deux joies, celle de rompre son jeûne et celle de recevoir une récompense pour son jeûne le Jour du Jugement. » Hadith rapporté par Bukhârî et Muslim.

Quand on lit ceci, et que l’on sait que la récompense du jeûne est auprès du Très-Haut Qui jamais ne déçoit Son serviteur, on évite de jeûner à la légère et on observe rigoureusement la façon de procéder. Or, si l’on jeûne du lever au coucher du Soleil, on grille son jour - voire son mois - de jeûne.

Prenons l’heure du sobH (heure à laquelle il faut s’abstenir de tout ce qui invalide le jeûne : manger, boire, etc.) pour le mardi 11 septembre, soit aujourd’hui, en regardant le module de salat d’Al-Kanz qui se trouve à droite (pour avoir le même voir ici : module salat). Que voit-on ? Sobh : 6h11. Autrement dit, si aujourd’hui nous avions jeûné, nous nous n’aurions plus rien ingurgité à partir de 6h11 du matin.

Non, pendant ramadan, on ne jeûne pas du lever au coucher du Soleil
Les heures du sobH et du maghreb déterminent quotidiennement le début et la fin du jeûne

Or, selon l’éphéméride d’aujourd’hui, le Soleil s’est levé à 7h20 (soit l’heure du chourouk) (voir le site Ephemeride.com). Cela veut dire que si l’on jeûne selon les préceptes islamiques de l’AFP, ou pour dire les choses moins caustiquement, si on ne cherche pas à savoir avant d’agir, à connaître les règles à respecter avant de jeûner, on ne peut que faire les choses de travers.

Le savoir doit précéder les actes : de même que nous devenons expert en sac de couchage et en tente quand il s’agit de préparer un week-end au camping, de même faut-il devenir expert en pratique du jeûne, quand ramadan arrive. Et expert en BA-ba islamique quand on veut pratiquer correctement.

On ne s’arrête pas non plus à l’imsak. Ou pas nécessairement

Voici une réponse de Mouhammad Patel

Le jeûne ne débute qu’à partir du soubh ous sâdiq (cette expression arabe désigne les premières lueurs horizontales de l’aube qui annoncent l’apparition prochaine du soleil) : il est donc permis de manger et de boire jusqu’à ce moment.

La notion d’imsâk (littéralement: “s’arrêter”, “s’abstenir”), telle qu’elle est présentée sur bon nombre de calendriers du Ramadhân actuellement, constitue juste une marge de sécurité (de quelques minutes) avant le soubh ous sâdiq qui a pour objectif de permettre un meilleur respect de l’instant limite du souhoûr. Il est donc tout à fait permis de continuer à manger et à boire après le moment déterminé pour l’imsâk, et ce, jusqu’à l’heure précise du soubh ous sâdiq.

Il est important de souligner cependant que l’établissement d’une telle marge n’étant pas rapporté explicitement du Prophète Mouhammad (sallâllâhou ‘alayhi wa sallam) ni des premiers musulmans, bon nombre de oulémas (comme Cheikh Outheïmin r.a. et bien d’autres savants salafis) le dénoncent comme étant une bid’ah (innovation blamâble) à éviter absolument. Il faut reconnaitre d’ailleurs que la détermination de cette marge de sécurité a entraîné une confusion réelle chez la plupart des musulmans : ces derniers ne sont pas informés de sa fonction purement préventive et pensent au contraire que c’est l’heure de l’imsâk qui représente la limite finale pour manger et boire avant de jeûner.

D’autres savants (comme ceux regroupés au sein de la cellule de Fatwa d’Ach Chabakat oul Islâmiya et qui oeuvrent sous la supervision du Dr Abdoullah Al Faqîh) pensent pour leur part que la définition d’une limite de l’imsâk n’est pas une bid’ah en soi (à partir du moment où il n’est pas considéré comme étant une sounnah), étant donné qu’il n’y a rien qui condamne le simple fait de s’arrêter de manger et de boire avant l’heure du soubh ous sâdiq. (Réf : Fatwa N°30009 de la banque d’avis juridiques d’islamweb.net)

Wa Allâhou A’lam !

Source : La Page de l’islam


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