Dimanche 29 janvier, un Québecois de 27 ans, Alexandre Bissonnette, ouvrait le feu dans une mosquée de Québec tuant six fidèles, en blessant plusieurs autres. Au Québec, les autorités comme les médias ont très rapidement qualifier la tuerie d’ « attentat ».
Samedi, hier, Le Monde, quotidien de référence en France, consacrait un nouvel article à Alexandre Bissonnette. Magie du journalisme français, l’auteur du sextuple assassinat n’était plus qu’un « troll ».
Après une bronca sur Twitter – de très nombreux internautes furent outrés par ce choix –, « troll » disparut, remplacé par « l’auteur ».
Au Monde, on n’a fait que suivre les bonnes pratiques d’un certain journalisme qui veut que lorsque l’auteur d’un attentat n’est pas musulman il est « loup solitaire », « tueur », « tireur fou », comme l’a bien résumé dans cette infographie le site satirique El Manchar.
Je me souviens avoir lu chez madame Fourest que c’était une tuerie qui répondait à des attaques islamistes.
Elle redoutait que ça se produise. Dans la meme veine pour l’attaque de la mosquée de Londres, il y a eu un peu le meme type de narration chez certains. Ce serait la faute à la mosquée. Les mosquées seraient des cibles qui se justifieraient en quelque sorte, et par extension les victimes avec donc. C’est un peu ça le récit qui nous est fait. Je me trompe peut etre mais c’est ce que je comprends. Dans le jargon judiciaire on appelle ça des circonstances atténuantes. Le journalisme c’est relater l’histoire des évènements, le déroulé, les protagonistes…etc. Mais il semble qu’il soit devenu non pas raconter l’histoire, les faits, mais plutôt raconter une histoire. Sont greffés sur les événements des récits. Le lecteur est invité non pas à porter un regard critique sur la société, sur les événements, on le fait pour lui. Il est invité à consommer, à ingurgiter le prêt à penser.